Semaine 5 - Les petits vieux - Paul
Paul | 2 avril 2008Les Petits Vieux
Parfois ils me font rire,
Leur façon de parler, avec des expressions que sacre bleu, on a plus l’habitude d’entendre,
Leur paranoïa, leur regard d’anciens sur les choses nouvelles, qui contraste avec notre œil neuf sur des pratiques anciennes
Parfois ils ne servent plus à rien, j’en ai l’horrible impression
Une terrible appréhension que vieillir n’est que moisir,
Comme si j’avais peur de dépasser un jour la date de péremption
Parfois ils m’énervent, à juger, condamner, et pas comprendre comment ça peut évoluer.
J’ai envie d’exploser leur carcan, leur faire comprendre que c’est plus comme avant
Parfois j’ai l’impression que le temps s’est arrêté pour eux
Qu’ils survivent, attendant patiemment leur tour
Ils ne découvrent plus, ils n’essayent plus
Comme s’ils avaient perdu une soif de nouveauté
Résignés à se dire qu’ils appartiennent au passé.
Parfois je les admire, à vivre de souvenirs
Ou parfois je les admire à rester vivant, à en faire toujours autant
Les voir surfer sur le net, ou les entendre faire la fête
Parfois je me dis que ça paye mal de vieillir
Comme si c’était mieux de disparaître petit à petit
De rapetisser, s’entasser, subir la loi de gravité
Jusqu’à finir sous terre, six mètres sous nos pieds
Parfois je me demande pourquoi on ne meurt pas au sommet de sa forme
Qu’on ne passe pas par âgé avant notre apogée
On finirait en apothéose, ça pourrait être grandiose
Parfois j’imagine leur passé, leur vie écoulée.
Je me dis qu’ils ont du en voir de toutes les couleurs.
Que si celles-ci peuvent paraître délavées ou grisées
Il leur suffit de regarder derrière, pour retrouver toute leur beauté.
Parfois je ne les comprends pas. C’est comme ça.
Parfois je les respecte, et ne peux m’empêcher de penser
Que moi, à côté, je n’ai rien vu, rien vécu, que je ne suis qu’un crétin.
Eux ont l’air de rien, moi j’ai l’air du temps, et pourtant…
L’amour, la mort, la famille, la trahison, les grandes joies, les terribles peines,
Tout est marqué sur leur peau, gravé dans leur mémoire, éprouvé dans leur cœur,
Moi tout est encore dans mes rêves, et rien n’a coulé dans mes veines à cette heure
Parfois je les envie.
Je me dis que je veux être comme ça juste avant que ça soit fini.
Et que si à l’heure age je peux le faire, j’en serai sûrement fier.
Parfois je me dis, que tout heure à la même valeur
Vivre, avec pour eux la mémoire, pour moi les espoirs
A eux de partager, à moi d’écouter
A moi d’ouvrir les yeux, à eux d’attendre pour les fermer d’être aux cieux
Communiquons entre générations, que ni l’un ni l’autre ne passe pour un con






pas tres joyeux ta vision de ce que nous serons
laet | 3 avril 2008 | 19:19pas tres joyeux ta vision de ce que nous serons tous un jour, et a fortiori, vu les progres de la medecine, pour plus longtemps que les petits vieux “actuels”….