Le réveil (2)
Ludo | 12 mai 2009Le réveil (2).
« Rhaaaa putain ! C’est pas possible ça… »
Encore une fois je confonds l’alarme de mon réveil avec la douce mélodie d’une berceuse – le genre de berceuse que chantent les mamans – et me rendors. Pourtant ma maman ne m’a jamais chanté de chanson pour m’endormir, il faut dire que je n’étais pas un garçon très compliqué sur ce sujet là.
Ah ça, dormir…Voilà un concept que j’ai toujours plutôt bien maîtrisé, voir un domaine dans lequel j’ai excellé !
Se réveiller par contre…
C’est une autre histoire.
Et c’est malheureusement l’histoire de tous mes matins :
Qu’ils soient inconsciemment matinaux ou délicieusement tardif, mes réveils ont toujours été une reproduction des plus grandes batailles de l’histoire entre mon moi conscient et raisonné et mon moi naturel et visiblement très amoureux de ma couette…
La raison s’en est – presque – toujours sortie vainqueur, mais les dommages collatéraux furent légion et je ne compte plus mes cris d’effrois en constatant impuissant l’implacable avancée du temps sur le glacial cadran de mon réveil.
« Fait chié ! Je me suis encore rendormis, et me voilà méga à la bourre… »
Commence alors une course contre le temps, mon footing quotidien.
La répétition quasi systématique de cette situation permet de développer un sens aigüe de la chasse à la seconde.
Tel un sport de haut niveau il s’agit de ne rien laisser au hasard, les mouvements doivent être précis et chaque action réalisée n’existe que pour et par son sens dans la quête du but ultime : remonter le temps.
Pas de place au stress, il ne faut surtout pas s’affoler – je n’ai pas de temps à perdre pour cela – mais dérouler une méthodologie d’orfèvre, scientifique réflexion de la gestion du temps.
Allongé sur mon lit, je m’accorde alors quelques ultimes secondes supplémentaires (au combien délicieuse !) pour résumer mentalement l’ensemble des étapes indispensables à mon arrivée au bureau.
Toutes sont scannées, analysées et chronométrées : Illustration même de la loi de l’évolution, seules les actions vitales seront gardées.
En grand maitre samouraï je me lève enfin, prêt à défier le temps.
La suite n’est que l’exécution systématique du plan parfait élaboré par mon cerveau, mes gestes sont ceux d’un robots, mécaniques, sans âme.
Dernier tour de clé, je descends quatre à quatre les escaliers et me retrouve dans la rue….et je prends alors conscience de ce qui est pourtant une évidence :
Au réveil, mon cerveau est très loin de son fonctionnement normal… et le plan supposé parfait ne pourra, une fois encore, m’éviter de courir comme un fou pour tenter de rattraper mon bus.
L/






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