Semaine 10 - La vitre brisée - Ludo
Ludo | 11 juin 2008Le silence retombe autour d’elle.
La honte lui brule le ventre. La honte ? Oui, l’inimaginable atteint, l’horreur ne peut pénétrer la réalité.
L’esprit fissuré se met en mode survie et préfère filtrer les perceptions.
Combien de rancœurs accumulées pour en arriver là ?
De l’air. Respirer. vite ! Fuir, s’échapper.
Un parc ?
Non, tout ce monde autour, toute cette vie, ces couleurs…
Et puis trop de souvenirs. Ne pas laisser ressurgir le passé.
Besoin de se protéger, de se recentrer sur elle même.
Seule.
Retourner à la maison. Oui, voilà, retrouver des repères, ses repères.
Sur le chemin elle garde la tête baissée, évitant de fait le regard des passants, et une fois rentrée, n’assume pas non plus celui de son mari qu’elle sait assis dans le salon.
Réflexe inconscient. Prolonger le doute.
Le chien plonge la tête dans ses pattes avants. S’il pouvait disparaitre dans le froid carrelage, sûr qu’il le ferait. Un regard inquiet et profondément triste fixe l’arrivée de sa maîtresse.
Plus de son. Elle prend conscience d’évoluer dans un univers sonore inhabituel.
Seul l’écho assourdissant du cri lui parvient.
Encore. Toujours.
La perte des repères n’en est que plus forte.
Rien.
Le réveil sonne. Elle se lève machinalement, quittant son lit vide.
Vide ?
Direction la salle de bain. Mon dieu que ce rêve était étrange.
Peu de souvenirs de la soirée d’hier, a t’elle beaucoup bu ? Sont ils sortis ?
Accoudée à l’évier, le contact de l’eau fraiche sur sa peau lui fait un bien fou. Bien rincer, nettoyer ses mains poisseuses.
Poisseuses ?
Un doute.
C’est comme si un souvenir était coincé derrière son front, comme un mot qui reste accroché sur le bout des lèvres…impossible de le visualiser…à moins que…
Un premier flash. Elle se redresse soudain.
Son regard enfin libéré court le temps, se reflète dans le miroir et la pénètre de toute son horreur.
Un cri. Le sien à présent.
Elle croise de nouveau son regard, envoutant, effrayant… la folie y brule…
Si intensément qu’elle ne peut s’en détacher, si fort que la vitre qui le reflète explose, la libérant de sa propre emprise.
Etait ce un rêve ?
Elle ne le saura jamais, quittant sur l’instant le monde réel avec pour seuls souvenir le reflet de son visage sale et l’écho infini d’un cri.
D’un cri qui n’est pas le sien.
L/






toujours aussi joyeux... j'aime bien mais je suis inquiete pour toi
laet | 11 juin 2008 | 13:16toujours aussi joyeux…
j’aime bien mais je suis inquiete pour toi mon frere…
bises
Rhooo, si on peut plus rien écrire ! Peut être pas
Ludo | 11 juin 2008 | 16:50Rhooo, si on peut plus rien écrire !
Peut être pas terrible pour l’imagination d’écrire passé minuit… hé hé!
L/
Triste de ne plus pouvoir m'endormir avec ta prose... Vous vous
Sylvain | 22 juillet 2008 | 0:01Triste de ne plus pouvoir m’endormir avec ta prose…
Vous vous y remettez quand ?