Au camp
Paul | 10 mars 2009Chaque matin, je le vois. Au loin, qui flotte dans le vent. Une tache blanche effilochée et fragile.
Ce chiffon accroché au grillage, comme un symbole de liberté, qui vient narguer nos gardes.
Chaque matin, je le vois. Au loin, qui flotte dans le vent. Une tache blanche effilochée et fragile.
Ce chiffon accroché au grillage, comme un symbole de liberté, qui vient narguer nos gardes.
Une pièce carrée, quatre murs. Blancs. Blancs comme le silence qui m’ entoure.
Un lit de fer aux pieds rouillés. Rouillés par le temps et le désespoir de mes prédécesseurs.
Sur le lit un petit matelas de mousse usé par les pleurs, moins épais que la ration de pain du soir, soutient nos corps oubliés.
Un drap. Fin. Fin comme le souffle de vie qui nous rappelle que nous sommes des hommes. Léger comme le souvenir d’une dernière caresse.
Hommage à Chantal Sébire
Prisonnière sur terre, condamnée à souffrir
La nature l’a maudite, et lui a réservé le pire
Comme si désignée à payer pour les hommes
Ces gens libres, qui de sermons nous assomment.
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